
Dan Evans en est convaincu : Emma Raducanu ajoutera un titre à Wimbledon à son sacre à l’US Open, malgré ses récents problèmes physiques. L’ancien numéro 1 britannique a apporté son soutien à la joueuse de 23 ans, qui a quitté le top 100 mondial après avoir manqué Wimbledon et l’US Open sur blessure.
Raducanu n’a plus joué depuis juin, lorsqu’elle a atteint la finale du Queen’s Club avant de s’incliner face à Donna Vekic. Elle souffre d’une fracture de fatigue au bas de la jambe droite, qui l’a contrainte à renoncer aux deux tournois. Elle occupe désormais la 107e place mondiale, son plus bas classement depuis deux ans.
Evans : « Elle gagnera Wimbledon un jour »
Evans, qui a pris sa retraite lors de ce Wimbledon après s’être vu refuser, de façon controversée, une invitation en simple, mise sur un titre sur gazon, à domicile, pour la Britannique.
« Je pense sincèrement qu’elle gagnera Wimbledon un jour », a confié Evans au Telegraph. « Je ne sais pas pourquoi. Elle est bonne, et je pense, et je le dis de la façon la plus aimable possible, qu’elle pense qu’elle est bonne.
Pas de façon arrogante, mais quand elle joue de grands matches, elle se dit : “Peu importe, ce n’est qu’un match de plus.” Et je pense simplement qu’un jour, elle y arrivera. »
Douze mois frustrants
Les douze derniers mois ont été éprouvants pour Raducanu, confrontée à des problèmes physiques persistants. Une blessure au pied a fortement perturbé sa préparation hivernale. Elle est ensuite restée deux mois et demi éloignée des courts à cause d’une maladie post-virale, après être tombée malade début février.
Elle est revenue en fin de saison sur terre battue, après avoir repris Andrew Richardson, l’entraîneur qui l’a guidée vers le titre à l’US Open. Le duo a toutefois peu travaillé ensemble sur le court.
Raducanu ne figurait pas parmi les joueuses retenues dans l’équipe de Grande-Bretagne pour les Billie Jean King Cup Finals, fin septembre. Un point d’interrogation plane aussi sur son retour à la compétition en 2026.
L’ancienne dixième mondiale pourrait avoir intérêt à mettre fin à sa saison plus tôt pour se concentrer sur sa récupération et obtenir un classement protégé avant son retour l’an prochain.
« Il ne fait aucun doute qu’elle doit avoir davantage une raquette en main », a déclaré Evans. « Je suis sûr qu’elle est tiraillée de tous les côtés par les contrats de sponsoring, et qu’il y a un bras de fer sur ce qu’elle doit faire ou non.
J’avoue que je n’ai pas souvent regardé ses entraînements, mais d’après ce qu’on me dit, c’est une bonne travailleuse : elle s’entraîne deux, trois heures d’affilée presque sans pause. »
Un classement protégé pour Raducanu ?
Si Raducanu manque au moins six mois de compétition en raison d’une blessure, elle pourra utiliser un classement spécial pour un nombre limité de tournois à son retour.
Il s’agirait de son classement dans le top 50 pendant la saison sur gazon, la dernière période où elle a disputé un tournoi et touché une dotation.
Cette disposition du tennis permet aux joueurs absents pendant une longue période de se qualifier plus facilement pour les tournois à leur retour. L’ATP et la WTA appliquent des règles différentes en matière de classement protégé.
Sur le circuit ATP et les autres tournois masculins, un joueur éligible peut utiliser un classement protégé calculé sur les trois mois qui suivent sa blessure.
Sur le circuit WTA, le classement protégé reste identique à celui du moment où la blessure est survenue. Une joueuse peut l’utiliser pour huit tournois par an, ou douze si elle manque plus d’un an.
Croft : « La santé, c’est la richesse »
Ancienne joueuse devenue consultante télévisée, Annabel Croft a réagi :
« Cela ne serait pas surprenant qu’elle prenne cette décision [arrêter sa saison]. Ce ne serait pas une si mauvaise décision, car elle pourrait guérir complètement, se reposer, recevoir un maximum de soins, puis revenir en pleine forme, prête à repartir au début de l’année prochaine.
Peut-être y a-t-il une crainte de voir son classement chuter, avec autant de points à défendre, et il pourrait potentiellement s’effondrer, même si elle pourrait bénéficier du classement protégé.
Il faut tenir compte de tous ces facteurs, n’est-ce pas ? Mais au final, comme on dit, la santé, c’est la richesse, et c’est le facteur le plus important. Elle doit simplement retrouver la forme.
C’est une blessure inhabituelle. J’ai connu des blessures au mollet, qui n’étaient pas agréables du tout. Dès que vous poussez sur la jambe, vous la tordez et elle semble tendue. Mais une chose que j’ai toujours pensée de Raducanu, en particulier quand on l’a vue au Queen’s Club sur gazon, où elle a joué un si beau tennis, c’est qu’elle est très légère sur ses appuis. Le déplacement a toujours été l’une de ses forces.
C’est une formidable athlète. Elle se déplace bien autour de la balle. Elle est légère sur ses appuis et se place très bien, sans jamais paraître déséquilibrée. Le mouvement sera l’une des grandes forces qu’elle apportera sur le court. Il doit être absolument à 100 %. »